Embrassez-moi // Eau Sauvage - C.D.

Embrassez-moi // Eau Sauvage - C.D.
" J'acceptais la loi de l'homme.
Elle me vient de loin, cette loi de l'homme.
Elle me vient d'un homme.
D'un homme qui m'a appris l'homme, l'attente de l'homme.
Je me souviens... je reniflais son odeur de loin, le soir, quand il venait m'embrasser dans mon lit de petite fille qui attendait, l'odeur de son eau de toilette qui approchait, envahissait l'entrée, puis le couloir, tournait à droite, à gauche pour venir s'épanouir au-dessus de mon lit.
Ou passait sans me voir rejoindre ma mère dans le salon.
J'attendais.
J'attendais toujours.
Le désir fou pour l'homme est né dans cette attente-là.
Dans ce vide-là. "
# Posté le mercredi 01 juillet 2009 16:29

" L'émotion était un luxe qu'elle ne pouvait s'offrir. A chaque fois qu'elle était sur le point de succomber, elle bloquait tout. Clic, clac, elle fermait les écoutilles. Et ainsi, elle continuait à être de bon conseil pour elle-même. Elle restait sa meilleure amie. C'est le problème avec les émotions, elles vous torpillent. Vous tombez amoureuse et, tout à coup vous vous trouvez trop grosse, trop maigre, trop petits seins, trop gros seins, trop basse sur pattes, trop haute sur pattes, trop grand nez, trop petite bouche, dents jaunes, cheveux gras, stupide, ricanante, collante, ignare, moulin à paroles, muette. Vous n'êtes plus votre meilleure amie." K.P.

" L'émotion était un luxe qu'elle ne pouvait s'offrir. A chaque fois qu'elle était sur le point de succomber, elle bloquait tout. Clic, clac, elle fermait les écoutilles. Et ainsi, elle continuait à être de bon conseil pour elle-même. Elle restait sa meilleure amie. C'est le problème avec les émotions, elles vous torpillent. Vous tombez amoureuse et, tout à coup vous vous trouvez trop grosse, trop maigre, trop petits seins, trop gros seins, trop basse sur pattes, trop haute sur pattes, trop grand nez, trop petite bouche, dents jaunes, cheveux gras, stupide, ricanante, collante, ignare, moulin à paroles, muette. Vous n'êtes plus votre meilleure amie." K.P.
Cinq heures quarante deux. En guise de dernier réveil avant de se remettre au boulot. Cinq heures quarante deux car l'estomac qui tiraille. L'acidité qui rouge à l'intérieur, le pH trop faible pour réussir à lutter. L'acidité comme souvenir de cette vieille nuit blanche et tumultueuse. Cette nuit qui m'aura amoindrie et soumise. L'écho résonnant d'une aigreur ambiante. Ma corrosion interne. Symptomatique reflet d'une angoisse générale, d'un refus net d'avancer plus à présent. Monnaie sonnante d'une cris étouffé. Des envies de dégobiller plutôt que de dire " J'ai peur. Je ne veux pas y aller." Telle une veille de rentrée. Se dire " Je ne serai pas à la hauteur. Je vais passer pour une cruche." Se flétrir intérieurement plutôt que de voir le temps passer, pour éviter que trop vite ne sonne le glas des défaites, des ratés, des perdants, des laissés sur le carreau. De ceux qui, pas incompétence, n'auront pas été sélectionnés. Suc gastriques impertinents pour éviter d'avancer, ulcère gastrique en dernier recours.
# Posté le mardi 30 juin 2009 05:34

Just Because You Feel Good, Still Want You Here Tonight

J'aimerais bien tout simplement te parler de moi. Aussi t'écouter me raconter ce qui se passe dans ta tête, que tu regardes le ciel ou pas. Fuir ces incessantes chamailleries qui camouflent nos timidités respectives. On pourrait continuer comme ça, à discuter la nuit assis près de l'eau, mais y ajouter le soupçon de douceur qu'il nous manque pour embellir cette petite histoire. J'ai besoin de mots édulcorés, enveloppés dans du papier crépon pour les phrases qui me font penser à toi. Le plus facilement du monde. Alors qu'aujourd'hui tout me semble un peu trop compliqué, un peu trop caché aussi. J'ai pas le courage pour me livrer et me donner entière. J'ai des tas de carapaces, des phrases assassines qui pleuvent quand on me heurte un peu trop fort, des regards qui foudroient pour qu'on n'essaie pas de m'approcher de trop près. Oui, ces petits regards-là, que tu ne ratent jamais, que tu me fais toujours remarquer. Parce qu'ils t'horripilent ou t'intriguent? J'ai du mal à comprendre, ce à quoi tu pense quand tu m'observes comme ça. J'ai à offrir je crois, mais je ne saurais trop dire dans quelle mesure. Je ne sais pas si tu trouveras réellement quelque chose à chercher comme ça en moi, comme si j'étais pleine de mystères. Et puis tu as cette façon de butter sur tous mes mots, de me faire répéter mes expressions pas toujours habituelles, quelques fois trop recherchées, celles dont j'use pour me préserver, pour essayer de m'élever afin de ne pas être approchée de trop près,surtout pas mise à nue. Et je réalise en écrivant ça, que j'aurais presque moins peur de me déshabiller face à toi que de te décrire l'idée que je me fais de moi-même. Je suis parfois trop brutale quand j'ai peur, et toi trop évasif si je pose une question. On pourrait croire à une liste de défauts non exhaustive, et pourtant non. Pourtant j'ai laissé les stéréotypes et les phrases que j'aurais qualifié de grotesques m'attendrir. Le petit doute qui planait sur ce début m'a intriguée, peut-être même un peu emportée. Et je pourrais aujourd'hui, je crois, retrouver la sérénité qui m'a depuis peu quittée. Je suis presque sûre de pouvoir affirmer qu'être près de toi m'inspire comme un halo de paix, une douceur dans laquelle j'aimerais juste me blottir. J'avance doucement, je suis une effrayée par nature, mais j'avance quand même; et ça procure un plaisir inconditionnel que de franchir des étapes les unes après les autres. J'ai plus de facilité à écrire ce que je ressent qu'à le montrer. Sous mes airs de porte close se cachent un énorme besoin d'expression. J'aurais toujours dû mal à m'avancer vers toi sans armure, et j'excellerai toujours à écrire des phrases interminables pour montrer un peu que je m'en veux, que quelques fois je me déteste d'être incapable de m'offrir simplement. Je crois qu'on peur faire l'amalgame, entre tes vannes perpétuelles et mes regards qui jugent toujours tout, entre tous ces textes que j'écris et tes petites phrases clichées. C'est un peu le même problème. Alors de mon côté j'y travaille. Sans trop m'inquiéter, je dois l'avouer que tu le fasses de ton côté, car la faille est personnelle et que quand j'aurais comblée la mienne, je pourrais peut-être tout faire, pour réparer un peu la tienne. Reste que je peux affirmer, que même apeurée et assise sur cette marche froide, offerte en pleine nuit, j'ai aimé ta présence. J'ai aimé l'idée de prononcer ne serait-ce que " Sers moi contre toi" et peut-être un jour j'y arriverai. J'y arriverai car j'aime à deviner la sensation que ça pourra me procurer, que de savoir que si tu me protèges, je n'ai plus rien à craindre.

Just Because You Feel Good, Still Want You Here Tonight
# Posté le dimanche 28 juin 2009 05:02

J'ai juste envie de toi, même si tu me crois vide, même si tu ne me crois pas. J'ai pas troqué mes idées, pas laissé mes pêchés. Je ne suis pas juste une fille, une qui traîne ses godilles, une qui se maquille. Il y a plus que ça, réveille-toi, sinon moi ce sera bim-bam-boum-patatra.

J'ai juste envie de toi, même si tu me crois vide, même si tu ne me crois pas. J'ai pas troqué mes idées, pas laissé mes pêchés. Je ne suis pas juste une fille, une qui traîne ses godilles, une qui se maquille. Il y a plus que ça, réveille-toi, sinon moi ce sera bim-bam-boum-patatra.
Emportés par la foule qui nous traîne
Nous entraîne
Écrasés l'un contre l'autre
Nous ne formons qu'un seul corps
Et le flot sans effort
Nous pousse, enchaînés l'un et l'autre
Et nous laisse tous deux
Épanouis, enivrés et heureux.
# Posté le lundi 25 mai 2009 03:03
Modifié le dimanche 31 mai 2009 04:10