"C'est comme toutes les filles sucrées, elles aiment bien quand c'est risqué mais elles n'osent pas faire le premier pas. Elles, ce qu'elles veulent, c'est profiter en douce sans perdre la face" K.Pancol / LES HOMMES CRUELS NE COURENT PAS LES RUES

Bleue. Toute bleue. Bleue à l'âme et bleue de froid. Le c½ur ne vieillit plus quand il est cryogenisé. Et l'âme s'en va lentement. C'est un peu comme un soupir long et avorté par une asphyxie. Et je l'attends. Je l'attends impatiemment. Celui que saura me couper le souffle. Je pourrais avoir honte de vouloir mettre les pieds dans des amourettes stéréotypées, de vouloir des baisers sous la pluie ou mettre la tête au creux de son coup pour sentir ce parfum qui me met dans tous mes états. Jugez si ca vous éclate, croyez-vous plus forts que la vie et continuez de penser que l'amour c'est pour les faibles si ca vous chante. Qu'est-ce que j'en ai à foutre de ce que vous pensez après tout ? Tout ce qui m'importe c'est de savoir ce que lui, il veut. Et vous à côté de cet homme monument, vous êtes de ridicules petits graviers dans les mains d'un mioche. J'aime les livres qui racontent des histoires à l'eau de rose, j'aime les films aux situations abracabrantesques où l'homme arrive quand on ne s'y attend pas et qu'il empoigne la nana comme jamais personne ne l'a fait. Et j'ai 18 ans. J'ai 18 ans et je crois au prince charmant. J'ai fait ma maligne pendant peu de temps à dire que ces trucs là, c'était pour les gens niais. J'ai voulu faire ma caïd et la vie m'a remise en place. Elle ma gentiment mis un coup de pied au cul pour me remettre dans mes baskets et m'apprendre l'humilité, m'inculquer que si ca fait des siècles que ca dure, ce n'est pas mon mètre soixante deux qui va changer quoi que ce soit. Alors maintenant je ferme un peu ma grande bouche et je me fais à l'idée que je ne commande pas tout. Vous trouvez ça ridicule. Et bien pensez, si ca vous fait au moins réfléchir à quelque chose ...
J'ai été éduquée comme ça. Dans l'attente d'être courtisée. Je suis une petite princesse. On m'a inculquée qu'un homme doit prendre les choses en main et faire le beau pour obtenir les draps d'une jeune fille. Je pourrais laisser toutes ces leçons de côté au profit d'une débauche constante. Je pourrais me contenter d'untel ou untel pour combler la solitude. Mais je suis une incorrigible espagnole têtue comme une mule d'optimiste. Une utopiste même. Alors allez voir ailleurs avec vos histoires de temps modernes. Je m'en bas les reins. Moi je crois encore qu'un jour, un homme sera capable de se faire remarquer et de gagner plus d'estime et d'amour chaque jour. Je sais qu'il existe. C'est une conviction profonde. C'est peut-être ça le plus ahurissant, c'est que j'en doute pas une seconde. Après, s'il est loin dans le temps et dans l'espace, ça je n'en sais rien. On ne peut pas tout savoir non plus. Mais il existe. Et je serai sa princesse. Je redeviendrai celle à qui l'on donne sans concession. Je serai sa reine. Et lui tranquillement installé sur le fauteuil doré du seigneur tout puissant. Qui peut s'autoproclamer empereur de tous les royaumes ? Personne. Alors laisse-moi mon univers et remonte sur ton cheval pour faire la course aux éjaculations précoces.
J'ai bien conscience que ca puisse surprendre. Mais cet aspect incroyablement désuet est aussi celui que je trouve le plus charmant. Et pour rien au monde je ne m'arrêterai de rêver. J'y crois. J'ai 18 ans et j'y crois. J'ai 18 ans et je crois au prince charmant. Et si toi tu ne crois qu'au Dieu Pénis et à la Féé-lation, débrouille toi avec tes préservatifs et tes irritations.
"C'est comme toutes les filles sucrées, elles aiment bien quand c'est risqué mais elles n'osent pas faire le premier pas. Elles, ce qu'elles veulent, c'est profiter en douce sans perdre la face" K.Pancol / LES HOMMES CRUELS NE COURENT PAS LES RUES

# Posté le vendredi 13 novembre 2009 17:39

Let's speak about biologie, make believe you're next to me - PHONOGRAPHY

Let's speak about biologie, make believe you're next to me - PHONOGRAPHY
Quelqu'un pourrait-il m'expliquer comment on se réincarne en jeune fille trop bien élevée au vagin quasi verrouillé ? Parce que j'ai comme l'impression que le processus s'est sacrément bien déroulé à mon sujet, et c'était absolument incontrôlé. Non pas que je fasse l'apologie de la vulgarité et que j'ouvre la porte aux MST qui se promènent, mais j'ai la sensation d'avoir sauté des étapes. Il fut un temps ou je vivais pleinement, où j'aurais dû tromper mon copain pour pouvoir assouvir le désir d'autres, où j'étais capable, si célibataire, de me rendre à une fête et de la finir en embrassant un inconnu avec piercing sur la langue dans une voiture, où ivre je passais de bouche en bouche étudiante de ma promo ou pas. Et cette fille-là est incroyablement loin aujourd'hui. Elle s'est trouvée mieux à faire et s'est fait la belle sans laisser même un mot. Un "bon courage" aurait été de rigueur. Pour prévenir ce que ça fait que de se terrer chez soi avec les différentes molécules médicamenteuses pour compagnie. Pour annoncer aussi les peurs de se jeter dans la gueule du loup à l'avenir. Pour amortir les chocs. Elle n'a pas non plus dit quand elle reviendrai. La petite garce. Il faudrait pourtant préparer son retour. Une petite fête de bienvenue avec comme thème " Martini, talons hauts et testostérone." Et l'attente est longue, même si la silhouette est indéniablement plus fine et les cheveux artificiellement plus blonds, le visage plus provoquant et les mots moins cassants. En attendant, on stigmatise le mâle. On le décrit scientifiquement sans sentiments aucun. On constate dans une objectivité affligeante. On parle d'hormones et d'anatomie, d'interactions électrostatiques et de dérivées sentimentales. Mademoiselle semi-pouf, quand reviendras-tu?

# Posté le samedi 31 octobre 2009 09:48

Modifié le dimanche 01 novembre 2009 04:41

Pluie de grêle en été

C'est de ces soirs où l'on comprend qu'il est l'heure d'oublier. Certains souvenirs sont de véritables inhibiteurs de courage. Ceux-là même que j'aimerais pouvoir effacer. Ca me permettrait peut-être d'aller de l'avant, de me jeter à l'eau sans craindre la noyade sentimentale. Qu'est-ce que j'ai à perdre? Au lieu de ça, je joue un peu, je jongle avec les mots et je camoufle les envies. Par frayeur. Par pure frayeur. C'est désolant vu de loin. Et tous les béta-bloquants du monde ne peuvent rien y faire, si je suis incapable de faire face à ce dont j'aurais envie. Je passe à côté de jolies choses, c'est certain. Mais plutôt que de mettre le doigt dans un engrenage inconnu, je coupe tout avant. Clic, Clac, porte fermée à double tour et enfermée dans ma tour d'ivoire remplie d'illusions, je ne risque plus rien. Etrangement, je me demande de quoi j'ai peur, car pas souvenir d'un traumatisme quelconque qui explique mon incapacité notoire à me mouiller un peu. Sans doute le fait de ne pas tout maîtriser. Désespérément cartésienne. Qu'ils aient seize ans ou trente deux, c'est pareil, le même mécanisme, les mêmes portes qui claquent au mêmes endroits, les mêmes clés dans les mêmes serrures. Pour en être où? Ici. Là. Nulle part.
 Pluie de grêle en été

# Posté le vendredi 02 octobre 2009 17:51