" Chambre close, volets fermés, porte fermée. Vidée. Plus rien. Plus d'images. Juste son parfum. Un parfum d'agrumes qui flotte partout dans la pièce comme s'il était là. C'est mieux que de l'image, c'est de la sensation. J'ai l'impression qu'il n'y a que lui alors que la pièce est vide. C'est léger ... ce parfum. Rien que lui, mon A, mon monsieur P. et son parfum. Je ne suis plus une ado. Je suis intemporelle et sans âge, et ça me rassure. Ca me rassure de ne plus être fixée sur la ligne du temps." LES PETITES MORSURES - A. Guitry


Je parle de vous comme d'un poème. Je m'exalte à la simple idée de vous revoir. Et je pose consciemment un " vous ". Un "vous" qui n'a jamais eu de place auparavant, mais que j'aime à introduire aujourd'hui, en réalisant la distance qui nous sépare. Un " vous " solennel entre personnes adultes et conscientes de tous leurs actes. C'est un "vous" doux et épistolaire, plein d'admiration et de grandeur. Un "vous" de respect, de correction, de parfum de papier vieilli. Et dans ce "vous", il y a tous mes fantasmes les plus fous, tous mes souvenirs cachés et pervertis par ma propre culpabilité. Dans ce "vous", il a le souvenir de tous les amants d'autrefois, des jupons et des bougies; il y a l'érotisme du regard d'une femme adultère.
Je parle de vous à mesure que j'introduis le murmure. Je parle de vous comme d'un secret, des mots volés pleins de vices et passion. Comme si vous évoquer me rendait coupable sans n'avoir rien fait. L'entre-nous, proche ou lointain, est une faute. Dans tout ce que ceci veut dire. C'est conscient. Et c'est de vous que j'ai appris comment bafouer les règles et tromper la vie. Alors je parle de vous comme l'Ennemi public que vous êtes, vous rabaissant auprès du Monde pour préserver mon attirance et mes pensées, pour que nul autour ne me démasque et que persiste entre vous et moi ce lien privilégié.
Je parle de vous et c'est un supplice. Quelqu' en soit la manière, de devoir vous décrire avec des mots trop tempérés, avec des regards veloutés et une respirations atténuées. Et je préfère encore entendre qu'on vous insulte plutôt qu'on vous ignore, car votre être est trop à lui seul pour mériter l'indifférence. Je parle de vous comme on parjure, quand je ne fais que de brèves allusions à votre parfum ou à votre sourire. C'est un blasphème à l'état pur.
Je parle de vous comme une prière. Reniant tout le reste, à l'état de transcendée. Et j'annihile le monde entier quand je trouve la reconnaissance que je cherche. Je me fais martyre si la nature de ces souvenirs est de l'ordre du divin. Je peux me faire prêtresse, offerte à tous les sacrifices. Si dans vos yeux je suis la Liberté, même enchaînée aux bras d'un autre, si je peux être la Féminité sans en avoir acquis toute la maturité. De cette institution exclusive entre vous et moi, j'appliquerai tous les commandements, je ferai de ma vie une leçon de morale, votre leçon de raison.



Mais vis-à-vis de toi, je n'ai jamais été raisonnable, et c'est sans doute parce qu'on se tutoyait.

" Chambre close, volets fermés, porte fermée. Vidée. Plus rien. Plus d'images. Juste son parfum. Un parfum d'agrumes qui flotte partout dans la pièce comme s'il était là. C'est mieux que de l'image, c'est de la sensation. J'ai l'impression qu'il n'y a que lui alors que la pièce est vide. C'est léger ... ce parfum. Rien que lui, mon A, mon monsieur P. et son parfum. Je ne suis plus une ado. Je suis intemporelle et sans âge, et ça me rassure. Ca me rassure de ne plus être fixée sur la ligne du temps." LES PETITES MORSURES - A. Guitry

# Posté le jeudi 20 août 2009 12:07

Modifié le dimanche 23 août 2009 07:37

So come and let's do porn !

J'exclue les faibles de mon entourage. Par faibles, j'entends :

* Les victimes qui ne font rien pour s'en sortir, qui s'apitoient sur leur sort dans un sentimentalisme exacerbé.Ils tombent amoureux et s'attachent trop vite. Ils deviennent insistants, pesants et accaparants. Ils se complaisent en plaintes, en niaiseries, en explications psychanalytiques de mauvais magazines féminins. Ils envahissent votre espace vital avec toujours l'envie d bien faire. Ils cherchent à se rassurer, à trouver des miettes de reconnaissance comme fondement de leur fraîche confiance en eux, bientôt ébranlée à nouveau par un retour de manivelle acide. Leurs hypocrites d'amis les enfoncent en leur disant qu'ils "n'y peuvent rien", qu'il sont " toujours trop gentils", que c'est " la faute à pas d'chance" - plutôt à leur manque d'indépendance.
* Les parasites qui s'incrustent dans votre vie pour leur unique profit, d'où leur nom. Ils ne demandent jamais votre aide, ils imposent leur incapacité à évoluer seuls. Ils mangent chez vous comme des pique-assiettes, viennent à vos soirées sans invitation, tentent de copiner avec votre entourage, s'inspirent jusqu'à plagier votre style. Ils vivent par procuration, et tant mieux pour vous s'ils ont plusieurs hôtes, sinon c'est la soumission absolue. Ils justifient leur inaptitude à donner en retour par des valeurs marginales voir anarchiques qui vous exclurait de leur cible potentielle de récepteurs. Ils feignent de s'abstenir de contribuer au système capitaliste pour mieux profiter de la générosité d'autrui jusqu'à ce que vous leur paressiez extrémistes - ou à sec.
* Les simples d'esprit qui boivent vos paroles et acquiescent sans comprendre un traitre-mot de ce que vous pouvez raconter. Ceux-là même répondent aux antipodes s'ils s'aventurent à prendre part au débat. Candidats idéaux pour diners de cons. Ils s'ébahissent à la moindre parole cohérente ou quelque peu nouvelle, même si celle-ci vous parait déjà-vue. Ils vous font aussi perdre toute crédibilité auprès de vos amis, dans la naïveté la plus péjorative qui soient. Car ceux-là ont un bon fond - ou pas de fond du tout.

Si du raz des paquerettes jamais tu ne décolles, du haut de ma montagne je te dégomme.

# Posté le dimanche 09 août 2009 12:38

Modifié le jeudi 13 août 2009 09:47

Pimbêche toi -même !







J'en ai assez de m'inhiber. De toujours tout refouler, de taire mes sentiments, mes excès de joie comme mes colères. J'en ai assez de camoufler et d'adoucir tout ce que j'aurais envie de dire, assez de ménager les gens quand ils m'insuportent, assez de baisser les yeux quand ils m'attirent au point que j'en ai les reins enflammés. C'est toujours la même chose, le besoin d'être bien sous tous rapports, de ne pas se faire remarquer et de plaire. De plaire au plus grand nombre, et jamais aux rares qu'il faut séduire. J'en ai assez de dire toujours " C'est pas grave" alors que si, quoi qu'il arrive, ça m'emmerde, et parfois même, ça m'empoisonne. J'en ai assez de dire " Mais non, arrêtez, il ne se passe rien, ça fait deux jours que je le connais." alors qu'on se fusille du regard. J'en ai assez. Assez de me forcer à rentrer avant l'heure pour qu'on ne me dérange pas, alors qu'aujourd'hui, je n'ai plus de limite. Pour rester, une fille bien. J'en ai marre, ça c'est certain, d'être une fille bien. Et dans le pire des cas, une fille trop bien. On n'est jamais trop bien. On n'est trop bien que quand on est naïf. On ne s'en rend compte que quand on est en colère. Je n'en peux plus, de faire comme s'il n'y avait pas de brèche, comme si j'étais en béton armé, inattaquable. J'en ai assez de me contrôler, quand j'aurais envie de boire ou de fumer, de rire ou de pleurer. Pour sauver les apparences. J'en ai assez, j'en ai assez. Lassée d'être anesthésiée, incapable d'exprimer la honte que j'éprouve, à m'être vautrée. Parce que la honte, ça vous fusille, ça vous démolit, ça vous avilie. Et ce n'est même plus une leçon, c'est une affaire de soumission. J'en ai assez, de taire quand je voudrais envoyer valdinguer, assez de prendre le temps pour les autres que je n'ai plus pour moi. J'en ai assez, je suis lassée. Lassée, de ne jamais dire ce que je n'approuve pas pour ne pas heurter ni décourager. Fatiguée d'entendre toujours les mêmes plaisanteries suffocantes de vieux idiots attendris. Je ne veux plus continuer à diminuer mes exigences au prix d'un peu de confiance. Je refuse. Je refuse de parler. Je refuse de m'expliquer. Je refuse. Je refuse de les laisser s'imaginer mon éventuelle histoire amoureuse. Qu'ils s'assoient tous dessus. Je ne tolère plus qu'on me pose toujours les mêmes questions, sur les mêmes rencontres idiotes sans acheminement. Je refuse qu'on me coupe la parole, je refuse qu'on me dénigre, même d'un regard, je refuse de les laisser me parler quand je ne veux plus les écouter. Je refuse de me taire. Que ce soit bien clair.





Pimbêche toi -même !

# Posté le mercredi 22 juillet 2009 13:18