J' vendrais mon trône pour un mégot - Mon royaume pour un chameau

J' vendrais mon trône pour un mégot - Mon royaume pour un chameau
Mes tasses sentent le tabac. Mes écharpes sont imprégnées de fumées. J'ai la peau qui grise.

Mes ambitions se consument. Ma confiance en mois se dilate pour finir gazée, empoisonnée dans l'atmosphère. Il y a dans la formule pharmaceutique de mes cours un goudron qui me plombe. Je comprend les neutralisation acide-base par le café et la soude. Je me sens corrosive à l' intérieure, envenimée par un arthropode à papier filtre. La possibilité d'une réussite immédiate est aussi accessible que la flamme qui m' incendiait. Cancérigène dégénérée.

# Posté le dimanche 29 mars 2009 05:38

Modifié le vendredi 21 août 2009 05:51

All that I am, all that I ever was, is here in your perfect eyes, there's all I can see

J'aurais aimé qu'on parle de moi comme on décrit les morts dans les livres. Qu'on me raconte au passé avec des grands mots comme " liberté, ambition" ou encore " charisme". J'aurais voulu qu'on s' imagine mes scènes comme je dévore celle des autres: canapé, lunettes, tisane, cigarettes.

J'aurais souhaité mener à bout mes grands projets de rien du tout. Mes multiples tentatives d'écriture, sans trop d'aboutissement par manque flagrant de maturité. J'aurais voulu m'improviser artiste ou me voir intellectuelle, écrivaine de génie mais pas commerciale du tout, ni undergroud ni VIP, juste une version de la canaille française des années cinquante.

J'aurais préféré qu'on me voit comme une fille pleine de ressources que comme une enveloppe creuse juste bonne à jouer le mulet qui apprend tout ce qu'on veut bien lui enseigner sans développer ni ne rien n'y apporter. Mais bilan de bientôt dix huit années de recherches culturelles : ni plus ni moins qu'une passivité affligeante. Des heures devant des drames cinématographiques en tous genres: français, américains mais surtout ibériques. Des nuits entières, des souvenirs de lycée à se laisser prendre par les auteurs, à tourner les pages pour le plaisir du bruit, et de la sensation que ça produit. Nombreuses soirées d'aphone pour mieux faire parler les oreilles: blues, jazz ou classique pour les soirées mathématiques. Mais plus aucun mot, plus d'argumentation de café théâtre les soirs d'été, plus non plus de veillés de nuit pour marteler le clavier à en devenir ivre. Ecrire, relire et corriger pour toujours finir par tout supprimer. Rien à la hauteur de ce à quoi j'aimerais aspirer. Rien que des bouts de tout, jamais plus que des contours tout flous.

J'aurais voulu m'accomplir dans des causes plus nobles que la recherche du dernier carré Lacroix. J'aurais souhaiter paraître plus que les simples lois de l'apparence. J'aurais voulu qu'on m'admire, mais seulement après argumentation. Kit à ce que l'on me déteste avant, pourvu que j'arrive à convaincre, à surprendre. J'aurais aimé qu'on veuille me demander mon avis, qu'on me pose des questions suite à des interrogations profondes, sans prétention de pouvoir y répondre, mais pour le plaisir de pouvoir réfléchir, pour cette capacité mutuelle à faire grandir.

Je dois avouer qu'aujourd'hui j'aimerais me regarder dans un miroir et retrouver de minuscules parcelles de celle que j'étais. Non pas que la roue aie tournée ni que je me sois complètement vidée, mais ressentir ces frénésies d'écritures, ces morceaux d'arrogance qui prônaient la possibilité de devenir pharmacienne pour la vie et auteure pour le reste. J'aimerais ressentir cette satisfaction qui me prenait parfois et délaisser définitivement ces semblants d'amertume ou de ratés qui m'envahissent à chaque fois que je fais une première relecture et que je sens que ce n'est rien d'autre que gaspillages, babillages, enfantillages.

J'aimerai bien me lever demain, et qu'en cadeau, mon stylo ne veuille plus quitter ma main.

All that I am, all that I ever was, is here in your perfect eyes, there's all I can see

# Posté le samedi 28 février 2009 15:07

Modifié le vendredi 21 août 2009 05:54

Principe actif thermolabile

Principe actif thermolabile


J'aimerais que tu comprennes. Plutôt que tu me prennes, par la main ou pour le reste. Range tes rires et fais moi lire. Achève moi d'un petit plus d'anniversaire lueur subtile du réverbère. J'aimerais aussi que tu cesses, tes salades, tes salopries, tes mutineries, tes ironies et tout le reste de tes trucs en " ies" qui me bousillent ... T'as qu'à toquer, frapper, cogner, défoncer. La porte de chez moi et toutes les autres portes. Pour feindre le crétin tu es le plus beau, et pour activer mes reins le meilleurs des salauds. J'veux pas d'anneaux. Pas trop de maux. Tu sais, dans ce jeu là, suffit d'une robe Zara et d'une fraise Tagada. Alors arrête de faire le con et de me faire tourner en rond. J'me positionne et je questionne. Tu vois, moi aussi j'sais faire la conne. En fait, dis oui dans un mois et ramène toi comme tu le fais si bien. Plantes-y une graine et on verra si on en fais en feuille. Le jour où il faudra déraciner, on n'aura pas à regretter, y a des fleurs à chaque saison. Active super-héros, parait que pour ça t'es un pro. J'veux plus attendre, j'suis pas si tendre.

# Posté le dimanche 25 janvier 2009 06:50

Modifié le vendredi 21 août 2009 05:55

Kill the Lights

Le son de mes Richelieu vernies sur les pavés devant les boutiques. Spirale de désanchentements. S'illusionner de vêtements pour oublier le reste. Se complaire dans les études pour être mieux vue, pour encore parfaire l'image du sérieux et de la bonne éducation. Camoufler le reste à coup de sacs à mains vernis ou de colliers by CD. Et délaisser l'essentielle. Mettre entre parenthèses les émotions anesthésiées. Entrer chez Bérénice pour ne pas laisser les idées envahir mon cerveau. Faire comme si. Comme si la réussite scolaire et et l'opulence remplaçait les lettres. Mais ne pas en être malheureuse pour autant. Ce serait exagérer. Non, juste dans un état de latence. Puisqu'il n'y a rien d'autre à faire. Alors pour passer le temps, se noyer dans la zoologie et la galénique, se perdre chez Zadig et Zara. " Say me something soft, sad and delicate. " Téléphoner durant des heures pour raconter toutes les anecdotes, enchaînements d'ambigüités sans plus de sens que ça. Et entre deux cours de physique, essai de parfum accompagné de " Sometimes I feel I've got to ... run away ! ". Attendre gentiment juillet comme ultime libération, spartiates aux pieds et le reste ... sur papier écrus encre rouge.

Kill the Lights

# Posté le vendredi 23 janvier 2009 16:55

Modifié le samedi 24 janvier 2009 16:48